Entre les murs

de Laurent Cantet

entre les mursÇa faisait longtemps que je ne m’étais pas retrouvée sur les bancs du collège. J’avais de vagues souvenirs, oui – le subjonctif du verbe « moudre », le théorème de Pythagore, les choux de Bruxelles à la cantine, la mystérieuse salle des profs… - mais tout était si lointain que je me demandais si l’école était toujours celle que j’avais connue il y a quelques années. Alors à défaut d’avoir lu le livre de François Bégaudeau, je suis allée voir le film de Laurent Cantet, récompensé lors du dernier Festival de Cannes.

Le film s’ouvre sur le premier jour de la rentrée scolaire. Une cour. Une classe. Quatre murs. Le décor est posé. En quelques plans, le réalisateur nous plonge dans le quotidien d’une classe de quatrième, dans un quartier dit « difficile ». Les élèves, comme les professeurs, vont passer une année en compagnie les uns des autres, apprendre à se connaître, à s’apprivoiser. Apprendre le français avec M. Marin. Et c’est là que réside toute l’énergie du film : les joutes verbales incessantes entre les élèves et leur professeur donnent une vie incroyable à ces quatre murs. On se sent tour à tour élève et professeur, tantôt amusé, exaspéré, surpris, découragé. Et l’on se surprend même à éprouver un pincement au cœur, lorsque l’on quitte tout ce petit monde en fin d’année. Car pendant deux heures, j’ai eu l’impression de baigner dans une atmosphère familière, celle dont je me demandais si elle existait encore. J’ai retrouvé mes profs. J’ai retrouvé mes anciens camarades. Pas tout à fait les mêmes bien sûr, mais par moment, ils se ressemblaient étrangement. J’ai repensé à mes profs de français. Et je me suis dit que j’aurais bien aimé avoir M. Marin en quatrième.