Boy A

de John Crowley

Boy A Véritable consécration au dernier Festival du Film Britannique de Dinard reparti avec l'ensemble des prix (Jury, Scénario, Public et Kodak), le film de John Crowley, Boy A, est un récit fascinant sur la réinsertion sociale d'un jeune meurtrier libéré de prison et bien décidé à se débarrasser d'un lourd passé... A 24 ans, Jack sort de prison où il a passé toute son adolescence pour un meurtre qu'il a commis lorsqu'il était enfant. Dès sa libération, Terry, assistant social, l'emmène le plus loin possible de ce scandale encore présent dans tous les esprits. Terry lui donne un nouveau nom, lui trouve un travail, une maison, en quelque sorte il lui offre une seconde chance. Dans cette ville d'Angleterre qu'il ne connaît pas, Jack se construit une nouvelle vie à laquelle il tente de se tenir. Mais si l'anonymat est un répit, il est aussi une douloureuse contrainte puisque Jack ne peut révéler à ses collègues ou amis, la vraie nature de son passé. Hanté par ses actions et ses rêves, et essayant de construire sa nouvelle vie, Jack évolue entre le secret qui lui pèse et sa volonté d'aller de l'avant. Jusqu'au jour où, par hasard, il devient un héros local et sa photo apparaît à la une des quotidiens... Il est alors rattrapé par son passé et devient la cible de la haine populaire, il reste à jamais considéré comme un meurtrier. Le film pose de vraies questions sur l'identité, sur le pardon et le changement pouvant s'opérer chez l'être humain. John Crowley signe une superbe tragédie, une complexe réflexion sur la rémission et la grâce atteinte par un individu innocenté par le temps et l’enfermement. D’une enfance meurtrie à un âge adulte tourmenté, Jack découvre la vie à travers une identité inconnue, il devient un « Boy A ».